Woman vs Wild


CIMG8513
Depuis que François a trouvé du travail au Torchon, il passe pour ainsi dire tous ses week-ends à travailler. C’est un peu dommage pour nous deux, puisque ça ne nous permet pas d’aller visiter le pays comme nous aurions aimé le faire, mais c’est évidemment le week-end qu’il y a le plus de monde au restaurant, donc qu’ils ont le plus besoin de lui. Et aussi, ça fait plus d’argent pour les grandes vacances!

Du coup de mon côté, j’ai cherché de quoi occuper mes week-end sans pour autant partir en vadrouille sans lui, et j’ai décidé de m’inscrire au club de kayak-canoë-rafting de l’université. Une inscription à $40 l’année, ce n’est pas grand chose pour s’amuser comme des foufous dans les cours d’eau kiwi, et je suis donc partie dès le week-end dernier en expédition rafting. Sur le papier, deux jours de folie à faire les aventuriers de l’extrême en mode Action Man le plus grand de tous les héros, en vrai: des genoux pleins de bleus et des courbatures à n’en plus pouvoir s’asseoir (je ne m’explique d’ailleurs pas pourquoi des courbatures AUX JAMBES, mais Bérengère, mon fidèle compagnon de galère, en est au même point donc ça n’est pas de mon fait – ou alors on a toutes les deux pagayé avec la mauvaise moitié du corps et personne ne nous a rien dit).

Départ vendredi soir à Auckland, co-voiturage avec deux jeunes hommes dont un qui fleurait bon la transpiration: un vrai bonheur pour les sens, ces deux heures et demi en voiture. Et direction Tauranga pour la première étape, une ville au sud-est d’Auckland. Nous avons retrouvé sur place le reste de l’équipe: 4 filles en tout et 6 ou 7 garçons, et avons passé la nuit chez les parents de l’un deux, qui ont une maison immense avec une dépendance aménagée en dortoir, à disposition du club. Sympa les parents.

Bon, je dis dortoir: c’était un espace non chauffé et non isolé avec des matelas antédiluviens qui sentaient l’humidité, et sur lesquels on aurait pas eu envie de faire des prélèvements. MAIS BON, avec Bérengère, on a pas fait les princesses: et on a pris ce qu’on nous donnait. On a juste un peu fait la tronche en apercevant, à peine entrées, un cafard gros comme mon pouce qui se baladait sur le mur. Visiblement, ça ne choque personne, c’est ça aussi la Nouvelle-Zélande, la nature s’invite chez toi et on cohabite à la cool. Mouais (GROS COMME MON POUCE!!)(Armelle, si tu me lis, tu aurais adoré).

Bref, réveil aux aurores après une nuit à avoir froid, habillage en vitesse (une douche? vous plaisantez!) et bim, dans la voiture pour l’aventure, qu’on croyait. Et non, point tout de suite: le mâle néo-zélandais, surtout en meute, ne part pas le ventre vide et surtout, veut manger beaucoup. Arrêt petit-dèj dans la charmante bourgade de Bethlehem (si si, vrai de vrai!) pour avaler une tourte à la viande. Les bourrins.

Nous avons ensuité rejoint la région de Rotorua, au sud de Tauranga, célèbre pour son activité géothermale et notamment pour ses émanations de soufre. En gros, on a roulé des kilomètres au milieu des colonnes de fumées, et dans une odeur d’oeuf pourri assez redoutable. C’est comme ça tout le temps là-bas, et le plus curieux, c’est que la région est habitée (on a même vu des troupeaux d’Alpagas, mais je crois qu’eux, ils s’en fichent de la mauvaise odeur)(ce sont « des vieux lamas qui puent » cf: Kuzco)

Enfin, on est arrivés au bord de la rivière Rangitaki, pour la première journée. Habillage (des plus sexy) devant tout le monde dans la nature par 10 degrés, gonflage des rafts, speech de sécurité, initiation etc, et nous avons chargé les rafts sur nos frêles épaules pour les descendre à la rivière. C’est lourd, un raft gonflé. Super lourd. Arrivés là bas, point de berge, puisqu’on démarrait du barrage/écluse, il a fallu les descendre avec une corde et puis nous…bah on a dû sauter quelques mètres directement dans l’embarcation. Quand on connaît mon amour du vide, on imagine comme j’ai pleuré beaucoup en dedans de moi. Mais j’ai sauté, il ne s’agissait pas de passer pour une mijaurée, j’étais un Bear Grylls en puissance. Je me suis rétamée comme une bleue, c’était assez cocasse.

CIMG8512

Et c’était parti pour la journée, sur une rivière toute tranquille pour le premier jour, histoire d’apprendre les termes et les manoeuvres correctement avant de passer aux choses sérieuses. Le soleil brillait, on était entourés par les cascades et les grottes, il y avait des arbres partout…le pied. La journée s’est écoulée tranquillement, et nous avons fini par plier bagage pour passer la nuit dans des bungalows sommaires mais propres et cosy (et sans cafards), non sans passer par la case « hot pool » pendant une heure, une vraie bénédiction après une journée à avoir froid. Une bonne douche, et dodo comme des souches jusqu’au lendemain.

Même cinéma concernant la meute: passage obligé au Mc Donald pour s’envoyer des McMorning et autres aberrations diététiques; nous a mangé nos pommes et nos fruits secs comme des health freaks qui surtout, n’avaient pas $100 de budget nourriture pour le week-end. Passons.

CIMG8515

Deuxième jour sous la pluie, mais en même temps, mouillés pour mouillés, ça ne changeait pas grand chose. Nous nous sommes donc lancés sur la rivière Aniwhenua, et les choses sérieuses ont commencé: moult rapides impressionnants et quelques frayeurs, le raft ne s’est heureusement pas retourné, on est pourtant pas passés loin! (et on a pas croisé de consanguin jouant du banjo, donc c’était pas mal cool) Et là, un paysage d’une beauté à couper le souffle, on était dans une gorge, entourés de quasi-falaises immenses, recouvertes d’arbres et de végétation, avec des forêts de fougères arborescentes: c’était Jurassic Park en vrai (mais sans Vélociraptors). Des glissements de terrain, des arbres tombés, des hérons noirs qui volaient au dessus, c’était fou.

D’ailleurs, il y a bien des araignées en fait: à force de râcler les branchages, je me suis retrouvée avec une horreur jaune citron pendue au casque, qui a tenté de me faire une feinte « je suis pas une araignée je suis un bâââton », mais je l’ai quand même déglinguée frénétiquement à coups de chausson en néoprène, elle a pris cher.

La virée s’est terminée dans une autre hot pool, mais naturelle cette fois-ci. Une rivière naturellement chaude au milieu de nulle part, où les kiwis sont allés se faire cuire au bain-marie, pendant que Bérengère et moi attendions au chaud dans la voiture (c’est à dire que d’une, ces gros animaux ne nous avaient même pas laissé le temps d’enfiler nos maillots de bain, et deuxièmement, une fois rhabillées, la perspective de se re-déshabiller sur un bord de route par moins de 10 degrés pour enfiler des maillots encore mouillés de la veille, même pour aller se vautrer dans du chaud, ne nous a pas vraiment fait envie…On a dû passer pour les deux mamies du groupe mais vraiment, on avait trop froid).

Et nous avons enfin mis le cap sur Auckland, non sans une énième pause-repas à 18h (des burgers cette fois pour les deux garçons seulement, ils doivent vraiment avoir le sang comme une fondue savoyarde).

Inutile de dire que j’ai des courbatures monstrueuses à peu près partout, François se moque de moi, le vilain. Je suis enchantée de la partie rafting qui était moooortelle, un peu moins par l’aspect social car, comme dirait Bérengère, ils sont « vraiment gazés dans ce pays », et elle n’a pas tort: le néo-zélandais n’est vraiment pas aussi amical que ce qu’on veut bien croire et ils ont aussi des moeurs vraiment étranges, surtout en matière d’interactions sociales – sans parler du fait que les garçons du groupe étaient pour le coup vraiment bruts de décoffrage, et que la politesse ou la galanterie, c’est vraiment un sujet qui ne les concerne pas!

Cela dit, depuis qu’on a appris que l’un des membres du club possédait un voilier et qu’il emmenait souvent d’autres membres naviguer dans les îles de la baie d’Auckland, on s’est dit que ça valait le coup d’insister un peu pour s’intégrer ;))

(ouh mais qu’elle est intéressée cette Elsa…)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s