Coromandel 2/3

SONY DSCLe lendemain, nous sommes allés visiter une des attractions phare de la région: le Driving Creek Railway and Potteries. Il s’agit d’un petit train qui sillonne la montagne, et qui a été construit entièrement par un autre illuminé de la région (quand on vous dit qu’il n’y a que ça dans le coin!). C’est un ancien professeur, qui a abandonné son travail pour aller s’installer dans le Coromandel afin de vivre de sa passion: la poterie.

SONY DSC

Féru d’ingénierie et de trains, il s’est inspiré des premiers trains de la région, à l’époque de la ruée vers l’or, pour construire le sien, dédié à l’origine à la collecte d’argile dont il avait besoin pour ses oeuvres. Il a bâti lui même la voie de chemin de fer, et ça n’a pas été facile, puisqu’il s’agissait de montagnes! Il a donc passé des heures entières à étudier, à concevoir le trajet, la structure (on est par moments au dessus du vide!), a fait appel à des ingénieurs du monde entier qui sont venus l’aider, et a fini par faire d’un simple outil une véritable attraction. C’est au moment où sa banque a commencé à lui demander de rembourser sérieusement ses emprunts qu’il a eu l’idée d’ouvrir cela au public. Depuis, 4 autres trains ont vu le jour (toujours designés par le petit monsieur qui a maintenant plus de 70 ans, mais continue à travailler comme un ptit cheval. On l’a croisé en arrivant, il ressemble à une vieille branche noueuse, mais tient la grande forme visiblement!), et ils charrient plus de 60.000 touristes par an. Autant dire qu’on était ravis de visiter ça « hors saison », et il y avait déjà une quinzaine de personnes!

SONY DSC

Le train évolue au milieu d’une jungle de fougères arborescentes, de kauris (oui parce qu’il a aussi crée un fonds de reforestation de la montagne, qui n’a pas non plus échappé aux bûcherons de la Reine), et serpente dans la montagne pendant une demi-heure, jusqu’à atteindre une autre oeuvre de monsieur le Hippy: la EyeFull Tower (jeu de mot!), une grande tour perchée au milieu de nulle-part, qui surplombe toute la côte. Le trajet est jalonné de ses oeuvres en céramique, il y en a partout! C’est un peu le Facteur Cheval du Coromandel…

Nous avons donc pris place à bord du « Snake » pour une balade d’une heure en pleine nature. On était comme des gamins dans un manège, à guetter les petites gares qui jalonnent le chemin, à regarder toutes les bizarreries en terre disposées le long des rails, et à admirer la forêt que nous traversions, ainsi que la baie quand nous l’apercevions. C’était vraiment une expérience particulière, nous étions tous les trois ravis, et aussi touchés par le projet colossal que le propriétaire avait mené à terme. Il emploie maintenant une douzaine de personnes, et il est le seul à ne pas se verser de salaire: il vit uniquement de la vente de ses poteries, dans le petit magasin attenant à la « gare ». Un sacré bonhomme…

SONY DSC

SONY DSC

Après cela, nous avons mis le cap vers la Kauearanga Valley, point de départ de nombreuses promenades. Il n’y avait pas un chat, le temps était toujours extrêmement menaçant, le sol très très boueux (à partir du niveau de la cheville on peut dire « très très boueux » je pense…), et la promenade s’est annoncée…très difficile, en partie à cause de l’état des chemins. Nous avions réservé une nuit en refuge tout en haut de la montagne, mais le soleil se couchant à 6h n’aidant pas, nous avons jugé plus prudent de faire demi tour afin de ne pas nous retrouver au milieu de la forêt à la nuit tombée…C’est donc un peu déçus que nous sommes repartis vers Thames pour passer la nuit (il faut dire que le changement de programme inopiné dû au temps a un peu bouleversé notre emploi du temps, nous sommes partis trop tard…). Par contre, pour vous montrer à quel point les randonnées en Nouvelle-Zélande sont du top level: nous avons traversé (deux fois du coup) un pont de singe en câbles qui surplombait une rivière plutôt impressionnante, à cause des pluies de la veille. Franchement, quand on lit « Load: one person ONLY », on espère vraiment qu’ils sont estimé le poids du randonneur moyen à 250kg sans équipement, histoire de voir large…Et non, les mauvaises langues, je n’ai pas chouiné/pleuré/paniqué: j’y suis allée comme une Barbie Amazone, triomphante, en me chantant des petites chansons encourageantes et en essayant de ne pas regarder la rivière en contrebas. La Nouvelle-Zélande fait de moi un Rahan sans culotte de peau (même si, à la grande joie de François qui a absolument tenu à m’amener dans une boutique de souvenirs aujourd’hui pour me les montrer, on trouve ici des strings en peau de possum), bientôt je ferai de l’accro-branche sans harnais, et pieds nus (Auriane, tu en es convaincue je suis sûre!).

SONY DSC

Après une soirée parmi les cafards (oui, et taille XXL je peux vous l’assurer) à jouer au Scrabble en anglais – pour une moyenne de 4 points par mots, avec des beautés comme « or », « pie », ou « we » – nous nous sommes encore endormis comme des souches, pour reprendre des forces avant la plus chouette de nos trois journées dans le Coromandel…

SONY DSC SONY DSC SONY DSC SONY DSC

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s