The Tongariro Release

Raft happy

Deux fois par an, les vannes de l’immense barrage de la rivière Tongariro s’ouvrent pour permettre aux adeptes du kayak/canoë/rafting, d’aller s’amuser un peu. Le Club de rafteurs fous dont je suis membre n’aurait raté ça pour rien au monde! C’est ainsi que j’ai mis le cap vers le centre de l’île du Nord, près de la petite ville de Turangi (oui oui, tout à côté du volcan récemment entré en éruption) pour participer à ma seconde sortie en raft. Nous étions 70! Imaginez le convoi avec les kayaks sur les toits, ainsi que les remorques chargées des rafts et du matériel! Nous ne passions pas inaperçu.

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Après 5 longues heures de route entre 9h du soir et 2h du matin, nous sommes arrivés à Turangi, pour passer une courte nuit dans des mini bungalows plutôt sommaires, je vous laisse admirer. Je partageais donc ces quelques mètres carrés avec notre chauffeur, un indonésien qui n’a fait que péter toute la nuit, et ce, pendant les deux nuits (navrée pour le manque de classe mais vous adorez nos récits hauts en couleur, et en plus, les week ends rafting sont souvent ce qu’on fait de moins raffiné. Vous êtes allergiques aux individus qui crachent, rotent, ne se lavent pas, se vantent de faire pipi dans leurs combinaisons: FUYEZ).

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Les deux autres passagers de la voiture, un suédois hippie que nous appellerons Jørgen, et un kiwi lui aussi né en Suède que nous appellerons Anders Breivik Jr. (parce qu’il faisait flipper tout pareil), occupaient un autre bungalow.

Le lendemain, nous étions sur la rivière à 9h, prêts pour 4 heures à se faire secouer par la rivière qui était déjà bien, bien mouvementée. Rien à signaler pour cette première descente: sur 4 rafts, un seul s’est retourné (erreur de manoeuvre de la guide qui était « en formation » ah ah ah les autres ont dû apprécier), et un autre raft a perdu Anders Breivik Jr., qui a descendu 100m de rapides avec le sourire béat de l’enfant de 4 ans autiste qui vient de s’ouvrir au monde après avoir nagé avec les dauphins. Trop chelou le mec.

Le lendemain en revanche, ce fut une autre histoire. Si vous regardez le petit graphique du débit de l’eau, vous verrez que nous sommes passés d’à-peu près 36 mètres cubes d’eau par seconde le samedi, à….236m3 le dimanche. Normal, il a plu tout samedi, jour et nuit.

Débit

Tong2

A la moitié du trajet, nous avions perdu 5 rameurs, dont moi. Et oui, assise à la place du mort (tout à l’arrière, là où le raft rebondit le plus), j’ai giclé du bâteau pour une expérience sensorielle des plus synesthésiques. Plus de vue (malgré les yeux ouverts), de l’eau plein de nez, le bruit incroyable des énormes pierres qui roulent dans les oreilles et surtout, impossible de savoir où est la surface, et où est le fond. Merci le gilet de sauvetage! Je suis remontée, toujours accrochée à ma rame (on ne sait trop comment) et ai rejoint le raft à la nage pour me faire repêcher, pour un résultat final avoisinant l’expression penaude du chat qui vient de subir la terrible épreuve du bain (et mon bain à moi était bien froid!).

Un peu plus loin, le plus flippant nous attendait: notre raft est resté coincé au milieu d’un rapide. Oui oui, c’est la photo où on dirait que le raft va se retourner, et où on est tous empilés sur la gauche du bâteau. Nous sommes restés une bonne quinzaine de minutes dans cette position, avec des hectolitres d’eau glacée qui s’engouffraient dans le bateau et nous submergeaient jusqu’à la taille, dans un bruit assourdissant, avant que notre guide ne parvienne à nous libérer en s’encordant au bateau, et en faisant contrepoids debout sur une pierre à l’extérieur du raft. Courageux, quand on voit la puissance de l’eau. Nous étions au milieu du rapide, avec les visages de plus en plus blancs ou bleus, sans pouvoir recevoir d’aide de quiconque, et sans pouvoir même envisager de sauter, sous peine de se faire embarquer sur plusieurs centaines de mètres de rapides. On va dire qu’heureusement que l’adrénaline réchauffe après coup, c’était toujours ça de pris!! On s’est fait une bonne grosse frayeur tout de même…

Raft coincé

Coincé2Sur les mêmes rapides, deux rafts se sont retournés (comme quoi dans notre malheur nous avons eu de la chance), dont un deux fois de suite, et il a fallu près d’une heure pour que les autres rafts et les kayakeurs ne parviennent à repêcher tout le monde, et que tout le monde soit en mesure de remonter à bord.

Pendant ce temps, sur une rive à attendre que les deux malheureux rafts ne nous rejoignent, j’ai vu un truc HORRIBLE. Une araignée d’une dizaine centimètres de diamètre est sortie du sable, à la cool, gaulée mygale, et s’est dirigée vers l’eau, où elle s’est mise…à nager!! Je vous le dis: ce ne sont pas les cafards qui nous survivront, ce sont les araignées de Nouvelle-Zélande. ELLES APPRENNENT À NAGER EN LOUCEDÉ!!! Brrr.

Bref, nous avons récupéré tous les membres de notre petite armada fluviale et avons continué à descendre des rapides de plus en plus gros à mesure que les heures passaient, et que la pluie continuait de tomber. Plus de « grosse grosse » frayeur en ce qui concerne notre bateau (mis à par le moment où le courant nous a envoyés dans une falaise et que le bateau a comme glissé sur le côté, sur ladite falaise, en se relevant à 35° – j’ai vraiment cru qu’on allait tous valdinguer, dans un endroit pas trop trop sympa en plus, mais non!), mais les autres ont eu un peu plus de mal, notamment le plus petit des cinq rafts, qui ne contenait que 3 personnes.

550473_10152215706630300_1042256448_nSans prévenir, nous avons vu nous dépasser à toute vitesse le petit raft, avec une seule personne à son bord (le guide et l’autre passager étaient tous deux à l’eau), qui tenait sa rame au dessus de sa tête, et qui dévalait les rapides les uns après les autres en nous regardant et en hurlant « WHAT THE FUCK AM I SUPPOSED TO DOOOOOO? ». C’était très très drôle, je dois dire, et tout s’est heureusement bien fini pour le pauvre garçon qui a dû se faire une bonne grosse peur, mais aucun mal.

La descente s’est enfin terminée, et je dois dire qu’après plus de cinq heures dans le froid, sous la pluie, trempée, j’étais bien contente d’enfiler des vêtements secs et de manger, même si le tout a été réalisé sur un parking au milieu d’une vingtaine de voitures, et sous la pluie – toujours!

Je ramène de ce week-end quelques beaux bleus dont voici un échantillon, mais surtout, des caisses de superbes souvenirs: la Nouvelle-Zélande est vraiment un pays formidable, où tout devient excitant, où tout est magnifique, où il fait très bon vivre, en somme…

Bleu

PS: si vous me cherchez sur les photos, quelques petits indices: j’ai un casque orange, un gilet de sauvetage jaune et des manches bleu ciel. Le glamour à l’état pur.

Rafts

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