Queen Charlotte Track

SONY DSCComme François vous le disait, vendredi dernier, nous avons commencé une de nos 3 grandes randonnées, la Queen Charlotte Track. Il s’agit de l’un des plus grands fjords de la région, et la randonnée est très réputée. L’accès et le retour se font par water taxi, et il est possible de n’en faire que des bouts. Bien évidemment, en grands malades, nous avons décidé de faire la randonnée en entier, en trois jours (le temps minimum, certains la font en 4 ou 5 jours), et…75 kilomètres au total.

track-map-full

C’est la randonnée la plus longue que nous ayons décidé de faire, mais aussi la plus facile, puisqu’on ne monte jamais à plus de 400m d’altitude (par contre on y monte plusieurs fois, et ce depuis le niveau de la mer!), et que les fameux water taxi proposent, avec le trajet aller-retour, de transporter les bagages d’étape en étape! Nous pouvions donc laisser nos gros sacs le matin sur un ponton, et être certains de les retrouver le soir à l’étape suivante. Le côté «rando pour petits joueurs» nous avait fait hésiter, mais la voix de la sagesse a parlé: inutile de se pulvériser les genoux au tout début des vacances alors que nous avons d’autres randonnées de prévues, en portant des gros sacs très lourds pour faire comme les «pros» sur une aussi longue distance. Après tout, même sans les sacs, nous n’étions même pas certains de tenir le coup!

Voici donc le récit jour par jour de notre trek dans les fjords…

Jour 1: 27 kilomètres

La première étape commençait fort, avec une très longue distance. Heureusement, à part un début très très accidenté, la grosse partie se faisait sur du quasi plat.

SONY DSC

Le water taxi nous a donc déposés au bout du fjord, à Ship Cove, où un monument à la gloire du capitaine Cook trône, c’est en effet le premier à avoir planté un drapeau britannique sur les fjords. Le beau temps nous a accompagnés toute la journée, et nous sommes passés de baie en baie, entourés d’une eau tantôt turquoise, tantôt bleue lapis-lazuli, à l’ombre des fougères arborescentes. C’était sublime. En fin d’après midi, nous avons atteint notre point de chute, le camping de Camp Bay, à deux pas de la plage. Ce n’était pas un camping privé, mais un camping tenu par le DOC (Department of Conservation, qui gère les parcs nationaux), et il faut savoir qu’ils sont souvent très sommaires. Nous qui espérions y trouver une douche, même froide, avons trouvé en tout et pour tout des toilettes et un abri couvert pour faire la cuisine. Et des tonnes de sandflies. Le temps de monter la tente, François s’est de nouveau fait dévorer, et cette fois-ci ce sont les bras et la nuque qui y sont passés. Heureusement, notre répulsif marche du tonnerre, et nous avons été tranquilles pour la soirée. Pendant ce temps, j’ai fait connaissance de façon plus intime avec un oiseau local, j’ai nommé le weka. Nous en avions croisé un lors de notre première mini randonnée autour de Picton, et avions été surpris et amusés par leur audace: ces petites choses (qui font la taille d’une grosse poule à peu près) s’approchent à seulement quelques centimètres des humains, dans l’espoir de grapiller quelque chose à manger. Et bien le temps que j’enlève ma deuxième chaussure, le petit malin avait chipé une de mes chaussette et était parti se planquer. François s’est mis à courir après le weka en criant et en faisant de grands gestes (ce sont des oiseaux coureurs, qui ne volent pas, heureusement!), qui s’est réfugié dans un bosquet, où François a dû ramper pour récupérer la fameuse chaussette. Donc, note à nous-mêmes: se méfier de ces oiseaux en apparence rigolos. On en a même vu un se tirer avec une boîte de thon volée à des randonneurs, imaginez les voraces!

SONY DSC

Après une tournée de nouilles chinoises déshydratées, une boisson chaude, et un petit moment à faire connaissance avec celles qui allaient être nos compagnes pour le reste de la randonnée (deux frangines allemandes d’une trentaine d’année complètement gazées -n’y voyez aucun jeu de mot de mauvais goût- qui ont oublié crème solaire, répulsif, sont tombées en rade de gaz pour la cuisine et n’avaient absolument aucun sens pratique, et une américaine d’une cinquantaine d’années) nous sommes allés nous coucher…à 8h du soir. Bizarrement, nous n’avons eu aucun mal à nous endormir! Et pour ceux qui sont au courant de l’épisode des poules grecques, non, je n’ai pas eu peur d’un potentiel serial killer pendant la nuit. Na!

SONY DSC

Bilan, 27 kilomètres parcourus en 7h au lieu des 9h indiquées par tous les panneaux. On a le cuissot bionique.

Odeur dans la tente le soir: vestiaire de piscine municipale.

Jour 2: 27 kilomètres

Les choses sont devenues plus sérieuses le deuxième jour. Même distance, mais avec du dénivelé toute la journée, et la fatigue de la veille. Nous sommes partis à 7h du matin, et devions profiter des plus jolies vues sur les fjords, puisque nous étions censés longer la crête de Queen Charlotte. Malheureusement, le temps en a décidé autrement, puisqu’il a fait gris toute la journée, avec tellement de brouillard que souvent, il était impossible de distinguer les différentes baies.

SONY DSC

SONY DSC

Les 5 derniers kilomètres ont été bien éprouvants: muscles épuisés, pieds en compote, débuts d’ampoules, nous avons atteint de deuxième camping bien moulus (oh tiens, toujours pas de douche!). Il faisait un froid de canard, le ciel était menaçant, nous avons donc mangé à 18h et sommes allés nous coucher encore plus tôt que la veille.

SONY DSC

La pluie m’a réveillée vers minuit, et j’en ai profité pour réveiller François parce qu’il y avait des bruits dehors. On ne se refait pas, hein! Bon encore une fois j’ai été ridicule: on entendait bel et bien des pas dehors, mais pour la simple et bonne raison que des gens avaient garé leur van juste à côté de nous sans que je l’entende arriver. Donc vous pouvez officiellement vous moquer de moi une nouvelle fois, je suis une poule mouillée!

Bilan, 27 kilomètres parcourus en 8h.

Odeur dans la tente: tannerie maghrébine traditionnelle.

SONY DSC

Jour 3: 21 kilomètres

La perspective du dernier jour nous a donné des ailes…pendant quelques kilomètres. Nous avions beau nous réjouir de n’avoir «que» 21 kilomètres à parcourir, ça restait tout de même 21 kilomètres!! Entre les nombreuses ampoules, les mollets lourds comme des bûches et les articulations un peu éprouvées, la dernière étape a été pour le moins fatigante. Le beau temps s’est maintenu jusqu’aux 3 derniers kilomètres, que nous avons parcourus sous une pluie battante (la voilà la douche!). Grâce à nos cuissots bioniques, nous n’avons mis que 6h au lieu des 8h indiqués, et sommes arrivés 2h30 avant l’heure à laquelle devait nous récupérer le water taxi (qui ne se déplace plus tôt que si tous les passagers sont là, ce qui n’était pas le cas puisqu’on a attendu quatre vieilles toupies jusqu’à l’heure dite).

Odeur globale: clodo de la Gare du Nord, fois dix

SONY DSC

Bilan final: une douche, par pitié! Et une énorme assiette de pâtes avec des saucisses. Nous sommes bien fiers de nous, nous en sommes capables! C’était assez intense, mais les paysages parviennent à vous faire oublier pas mal de petits tracas et inconforts. Dans quelques jours, nous entamerons notre deuxième grande randonnée. Autant vous dire qu’entre temps, nous n’avons rien prévu de trop violent!

SONY DSC

SONY DSC SONY DSC SONY DSC

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s